En plus de ses engagements en matière de sécurité au travail, de santé et d’éducation, la politique RSE de Lafarge en Afrique subsaharienne fait la part belle à l’écologie industrielle. La voie du codéveloppement pour ses projets de valorisation énergétique marque une nouvelle étape de l’histoire du Groupe sur le continent – le faisant passer d’une posture d’assistance à celle de partenaire.

En 2020, la planète comptera huit milliards d’individus qui aspireront à un logement décent et un accès équitable aux infrastructures. Pour édifier les villes de demain, le secteur de la construction devra relever des défis immenses, qu’ils soient économiques, techniques, sociaux ou environnementaux. Lafarge tente d’y répondre, en s’efforçant de rendre ses activités plus durables et d’entrainer le marché mondial des matériaux de la construction sur cette voie Alan Kreisberg et Pierre Delcroix Directeur du Développement durable, Lafarge Directeur Ecologie Industrielle – Afrique-Moyen Orient, Lafarge Lafarge est présent sur le continent africain depuis 1928 et au sud du Sahara depuis 1985. Avec une capacité de production qui a presque triplé depuis 2000 et des implantations dans dix pays, Lafarge est aujourd’hui l’un des premiers cimentiers en Afrique subsaharienne – où le groupe emploie 7 600 collaborateurs et réalise 12 % de son chiffre d’affaires. Ces cinq dernières années, répondant à une croissance urbaine sans précédent, Lafarge a réalisé des investissements en Ouganda, en Afrique du Sud, au Cameroun, en Zambie et au Nigéria, portant la capacité de production cimentière dans la région à vingt millions de tonnes par an.

Le développement durable, un engagement historique

Aujourd’hui, une entreprise a une responsabilité envers ses collaborateurs et ses clients, mais aussi envers les communautés qui habitent dans les territoires où elle est implantée. Le développement de Lafarge passe nécessairement par sa performance environnementale et le progrès social. Sa croissance et sa compétitivité sont indissociables de la qualité des conditions de vie là où il est présent et il ne peut y avoir de développement économique à long terme sans préservation de la nature.

Le développement durable est depuis longtemps au coeur de la stratégie du Groupe, notamment en raison de l’empreinte environnementale de ses activités. Mais aussi parce que Lafarge opère souvent dans des endroits reculés, où il peut contribuer fortement au développement socio-économique de toute une région. Dès 1977, Lafarge faisait état de ses préoccupations environnementales dans ses principes d’action ; au fil du temps, le Groupe a renforcé ses engagements. Alors que ses premiers efforts portaient surtout sur la réduction de son empreinte environnementale, son périmètre d’action comprend aujourd’hui les  problématiques sociales et sociétales. Lancé en 2013, le programme Ambitions Développement durable 2020 est le reflet de ces nouvelles orientations. L’objectif est, d’une part, de contribuer au bien être des populations, en améliorant les conditions de vie sociales et économiques des communautés au sein desquelles Lafarge opère. Cela se traduit par des formations, des plans de création d’emplois locaux et des programmes de santé et d’éducation. Il s’agit, d’autre part, de contribuer à la construction durable, en développant de nouveaux produits et services durables ou en contribuant à des projets de construction efficaces énergétiquement. Enfin, Lafarge entend contribuer à l’économie circulaire : pionnier de l’écologie industrielle, le Groupe est convaincu qu’il est possible de créer une synergie entre différentes industries pour que les sous-produits d’une entreprise deviennent les combustibles
et matières premières d’une autre, préservant ainsi les ressources naturelles. Lafarge participe également à des initiatives plus larges : le Groupe a notamment co-fondé l’Initiative Ciment pour le développement durable du World Business Council for Sustainable Development, un programme pour encourager le déploiement de politiques ambitieuses en matière de développement durable dans l’ensemble du secteur cimentier.

Agir pour la santé, la sécurité et l’éducation

Si la politique de responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) est définie au niveau du Groupe, la mise en application tient compte des spécificités locales. L’Afrique subsaharienne présente certaines particularités qui doivent être prises en considération : carences des  systèmes économiques, médico-sociaux ou scolaires ; faiblesse des réglementations environnementales, etc. Cela contribue à créer de très fortes attentes à l’égard de toute entreprise internationale venant s’implanter dans la région. Lafarge s’efforce d’y répondre en collaborant étroitement avec les communautés locales, les autorités et des ONG spécialisées. Ces partenariats permettent de concevoir et de conduire une politique de RSE proche des préoccupations des collaborateurs de l’entreprise et des communautés locales.

Tout d’abord, Lafarge s’est fixé comme priorité la santé et la sécurité de ses collaborateurs et de ses sous-traitants. Ainsi, très tôt confronté aux problématiques de santé liées au VIH/SIDA, le Groupe a lancé au début des années 2000 des programmes de prévention et de prise en charge à destination de ses collaborateurs et de leurs familles. Plus de 500 personnes bénéficient ainsi d’un traitement et des campagnes de prévention sont régulièrement menées. Fort de cette expérience, Lafarge a depuis élargi ces programmes à d’autres problématiques de santé publique (lutte contre le paludisme, maladies cardiovasculaires ou diabète). La sécurité est par ailleurs une préoccupation constante du Groupe. Cela passe par la mise en place de standards communs à tous les sites, concernant par exemple le travail en hauteur, l’utilisation des équipements mobiles ou encore les interventions sur des équipements  électriques. Des campagnes de sensibilisation aux éventuels risques sont de plus régulièrement menées. Le Groupe s’efforce par exemple de réduire le nombre d’accidents survenant lors du transport des produits depuis ses usines – problématique particulièrement complexe dans certains pays africains où les routes sont souvent de mauvaise qualité et où il n’y a pas de vraies culture et règles de sécurité routière. Au Kenya, un vaste plan de formation auprès des sociétés de transport a ainsi permis de ramener à zéro le nombre d’accidents mortels depuis plus de cinq ans.

Lafarge participe en outre en Afrique subsaharienne à différents programmes visant à améliorer le niveau d’éducation et de formation professionnelle des populations locales. Au Nigéria, par exemple, une première initiative a permis de mettre en place dans l’usine d’Ewekoro un cursus de formation aux métiers de l’automatisation, de l’électricité et de la mécanique. Les cours sont assurés par des intervenants d’établissements d’enseignement supérieur et par d’anciens collaborateurs de Lafarge. Les apprentis reçoivent une bourse mensuelle et leur réussite est récompensée par un diplôme.

Le co-développement, nouvelle dimension des politiques RSE

La politique de RSE de Lafarge fait aussi la part belle à des projets d’écologie industrielle. En favorisant la complémentarité entre différentes industries, (les « déchets » de l’une devenant les combustibles et les matières premières de l’autre), une nouvelle façon de concevoir la RSE voit le jour. D’une approche basée sur l’assistance, la RSE évolue naturellement vers des  projets de co-développement pour les questions énergétiques.

Lafarge s’est donné pour objectif d’atteindre 50 % de combustibles d’origine non fossile d’ici 2020 pour alimenter ses fours de cimenterie – 30 % du total devront être issus de déchets organiques tels que des cosses de café ou de noix de palmier, ou des balles de riz (biomasse). Derrière cet objectif, la volonté du groupe est de réduire sa facture énergétique, tout en diminuant son empreinte écologique et en contribuant au développement du tissu économique local. L’essentiel des déchets déjà valorisés par Lafarge dans la région provient de l’agriculture. Dans un contexte de raréfaction des ressources et de concurrence grandissante pour accéder aux combustibles non fossiles, Lafarge doit sécuriser son approvisionnement en biomasse. Le Groupe met donc en place des partenariats avec les agriculteurs locaux. Dans certains cas, Lafarge utilise ses propres terrains pour créer des plantations à vocation énergétique. C’est le cas par exemple sur les sites des carrières de Mombasa au Kenya et de Ewekoro au Nigéria. Dans d’autres cas, il peut vendre des plans à prix réduit comme en Ouganda où Lafarge soutient la filière café (Encadré). Des projets d’agro-foresterie sont aussi à l’étude en Tanzanie et au Nigéria : ils permettront de produire des biens agricoles et forestiers à forte valeur ajoutée, de développer des cultures vivrières et de générer de la biomasse. La stratégie de co-développement de Lafarge est basée sur quatre principes directeurs : ne pas avoir d’impact négatif sur les cultures alimentaires, garantir la préservation des sols et des ressources en eau, préserver ou améliorer la biodiversité, partager les richesses et contribuer au bien-être des communautés locales.

 

Des projets de co-développement de Lafarge en Afrique subsaharienne

En Afrique subsaharienne, où les activités agricoles locales génèrent des quantités importantes de déchets, Lafarge a plus que doublé son utilisation de biomasse. En 2013, le Groupe a valorisé au total quelques 120 000 tonnes de biomasse comme combustible alternatif dans ses fours de cimenterie. Si d’autres initiatives voient le jour, telles que des projets de traitement des ordures ménagères ou de valorisation des pneus usagés, l’essentiel des déchets valorisés par Lafarge dans la région provient de l’agriculture. En 2007, un projet de plantation d’arbres a été lancé au Kenya sur la partie non encore exploitée de la carrière de Mombasa. Des petits planteurs ont été embauchés pour préparer, lancer et entretenir la plantation. Avant l’établissement de la canopée, Lafarge leur a également prêté des parcelles de terrain pour  leurs cultures vivrières. Un projet similaire a été mis en place au Nigéria dans le cadre de la réhabilitation de la carrière d’Ewekoro. Près de 200 000 arbres ont été plantés à ce jour et environ 100 000 arbres devraient être plantés tous les ans dans les trois prochaines années. En Ouganda, Lafarge a initié un projet de co-développement visant à aider les agriculteurs proches de sa cimenterie à produire du café, dont les cosses seront utilisées comme biomasse. Pour ce projet, Lafarge ne met pas à disposition des terrains, mais subventionne des plants de café aux agriculteurs locaux. Depuis 2012, le Groupe a favorisé la livraison de 13,7 millions de plants de café à plus de 40 000 agriculteurs, qui devraient pouvoir augmenter leurs revenus, tout en permettant au pays d’augmenter ses  exportations d’environ 30 millions d’euros par an. Grâce à cette économie circulaire, Lafarge bénéficie d’un meilleur accès aux cosses de café, un excellent combustible alternatif, lui permettant de limiter son empreinte carbone et de lui fournir plus de 20 % de l’énergie nécessaire à la cimenterie. En Tanzanie, un projet en développement vise à encourager les fermiers locaux à produire de l’huile de tournesol en leur permettant d’utiliser ses terrains, tout en leur apportant une expertise technique et une aide à l’accès au marché. En achetant les déchets produits, Lafarge pourrait atteindre un taux de substitution du combustible fossile par de la biomasse allant jusqu’à 25 %.

Quel que soit le type de projet choisi, celui-ci doit générer d’importants bénéfices pour les communautés locales. L’objectif est donc de privilégier des projets agricoles de grande envergure avec une multitude de petits agriculteurs, pour créer de la valeur pour le plus grand nombre. Le succès des projets de co-développement passe par une fine compréhension des besoins et de la réalité du territoire. Tout projet doit donc être entrepris en étroite collaboration avec les populations locales pour assurer leur adhésion au projet sur le long terme. Le pilotage de projet est un autre enjeu clé pour le Groupe : comme en Ouganda, où Lafarge est impliqué aux côté de  40 000 agriculteurs. La complexité des projets nécessite la mise en place d’un mode de gestion spécifique et l’allocation de moyens dédiés. Le modèle économique et financier doit par ailleurs prendre en compte les délais de retour sur investissement, qui sont au minimum de trois à quatre ans puisqu’ils correspondent aux contraintes des cycles agricoles. Mais malgré ces difficultés, Lafarge est résolu à professionnaliser son approche du co-développement, qui constitue une opportunité sans précédent de renforcer la compétitivité de ses activités en Afrique subsaharienne tout en améliorant les conditions de vie des communautés locales.

L’avènement des projets de co-développement représente fondamentalement une nouvelle étape de l’histoire de Lafarge en Afrique subsaharienne et impacte en profondeur sa politique de RSE. Ils constituent par nature des engagements réciproques entre le Groupe, les communautés et les autorités locales. Ils modifient le rapport que Lafarge entretient avec le territoire, passant d’une posture d’assistance à celle de partenaire.