Environnement Social business

Premiers enseignements du fonds d’impact du DFID

Cet article est extrait du numéro

Cet article est extrait du numéro 23 sur le social Business

Bien que les populations pauvres des pays en développement soient disposées à payer pour des biens et des services de base, les solutions du secteur privé n’y répondent pas efficacement. Ces populations doivent souvent payer des prix plus élevés pour des biens et services similaires ou se contenter d’une qualité inférieure. Nous pensons que les institutions financières de développement ont un rôle crucial à jouer en stimulant les initiatives privées, et en favorisant le développement d’entreprises sociales et rentables. Le DFID a décidé de s’engager dans les investissements à impact afin de relever plusieurs défis liés à ce marché (fragmentation du marché, hétérogénéité de l’information, difficulté des gestionnaires de fonds à mesurer les performances sociales et environnementales des investissements à impact, etc.). Il a donc créé en 2012 le programme « Impact », dont la composante clé est le fonds DFID Impact Fund doté de 75 millions de dollars. L’objectif de cette facilité est d’investir dans des entreprises qui répondent aux besoins des plus pauvres tout en étant rentables, avec une approche de type « fonds de fonds ». C’est l’institution financière de développement anglaise CDC qui gère le fonds et qui est donc chargée de sélectionner les gestionnaires des fonds. Elle gère également un autre fonds du DFID, l’Impact Accelerator Facility, doté de 40 mil- lions de dollars. À court terme, ces initiatives stimuleront la confiance des co-investisseurs, grâce à des méthodes robustes d’évaluation de la performance financière et de l’impact. À plus long terme, elles visent à catalyser d’autres financements en démontrant la viabilité financière et l’impact positif de ces modèles économiques orientés vers les populations pauvres.

Après trois ans, ces fonds soutiennent déjà un grand nombre d’entreprises orientées vers les plus pauvres, dont plusieurs montrent déjà des signes de rentabilité. Voici les principales leçons que nous en tirons d’ores et déjà :
Pour avoir un impact, les entreprises sociales doivent être financièrement viables. Cela requiert plus de temps que pour une entreprise commerciale classique, mais cette étape est indispensable pour avoir un effet sur le long terme.

Toujours dans un souci de viabilité, il est préférable que les entreprises ciblent des populations aux revenus variés. Notre expérience montre que celles qui comptent uniquement sur des clients ou fournisseurs avec de faibles revenus rencontrent souvent des difficultés, notamment à leurs débuts. La plupart des propositions de fonds que nous avons reçues dans les secteurs traditionnels du développement (comme la santé ou l’éducation) cible des profils de population variés.

Nous pensons que les subventions jouent un rôle significatif au démarrage en aidant les entreprises sociales à atteindre une taille suffisante pour attirer les investisseurs.

La réduction de la pauvreté étant un objectif ambitieux et complexe, il faut être précis dans la manière de le mesurer. Nous restons toujours prudents lorsque nous affirmons avoir un effet sur la réduction de la pauvreté. Nous mesurons nos impacts par rapport à l’amélioration des moyens de subsistance1 des populations pauvres, un objectif que nous trouvons plus réaliste. Nous évaluons les résultats en considérant d’abord ce que mesurent les entreprises (satis- faction du client, qualité du produit…), puis en nous basant sur les données de recherche disponibles (évaluation de l’impact des services, données locales sur certains aspects spécifiques de la pauvreté) et prochainement en menant des études approfondies.