Même si les économies émergentes ont joué un rôle moteur pour la croissance mondiale au cours de la décennie écoulée, l’écart avec les économies développées reste néanmoins considérable. C’est notamment au niveau du déficit de compétences que se situent les freins à l’activité économique. En effet, la plupart des entreprises y sont de petite taille, informelles, et donc souvent incapables d’offrir un accès à la formation. Certains de ces pays sont déjà en passe de devenir des pôles d’innovation, mais il reste encore un long chemin à parcourir. Au travers de l’expérience de Seedstars et de ses réalisations, nous avons constaté que l’investissement éducatif et la conquête d’une autonomie fondée sur des compétences individuelles adaptées constituent deux vecteurs essentiels de l’innovation.

Il a fallu plus de cent ans pour parvenir à un milliards d’utilisateurs de téléphonie fixe, mais moins d’une décennie pour arriver au même nombre d’utilisateurs de smartphones.

Je suis intimement convaincue que la technologie a une formidable capacité à changer la vie de ceux qui n’avaient jusqu’ici aucun moyen d’accéder à certains services essentiels.

Dans une région comme l’Afrique, la téléphonie mobile crée une possibilité de passer « au-dessus » de toute une génération technologique (et du déficit d’infrastructures qui va avec), en offrant aux utilisateurs un accès immédiat à des solutions plus rapides et plus efficaces. Selon la Banque mondiale, 68% des Kényans n’ont pas accès à l’électricité du réseau, mais 95% environ utilisent un téléphone portable 1. Pour autant, à fin 2015, 4,1 milliards d’individus ne disposaient pas d’un accès à Internet. Plus de 3 milliards (presque tous dans les pays en développement) ne seront toujours pas connectés en 2020 2. Ces chiffres montrent bien la dichotomie qui existe entre les besoins humains fondamentaux et les nouveaux modèles de consommation auxquels les entrepreneurs africains s’intéressent pour répondre aux attentes. On peut citer par exemple la société M-KOPA Solar, qui a déjà équipé à l’énergie solaire plus de 330 000 foyers au Kenya 3 , en Tanzanie et en Ouganda, et a réussi à lever des fonds pour un montant impressionnant de 31,45 milliards de dollars 4. Ou encore M-Pesa , une société qui permet à des millions d’utilisateurs de téléphonie mobile de transférer ou recevoir de l’argent et de payer leurs factures, même sans disposer d’un compte en banque (ou avec seulement un accès bancaire limité).

Je pourrais citer beaucoup d’autres exemples illustrant tout aussi parfaitement le fait que l’innovation et l’esprit d’entreprise sont des moyens de parvenir à un monde entièrement connecté, et d’agir de façon déterminante sur l’amélioration des conditions de vie dans les pays émergents.

L’éducation, catalyseur de l’économie pour combler le fossé entre marchés émergents et pays développés

Même si les marchés émergents ont joué un rôle moteur pour la croissance mondiale au cours de la dernière décennie, l’écart qui les sépare encore des économies développées reste considérable. Si l’on retient le PIB par habitant (qui reflète à la fois la taille de l’économie et le niveau de vie du pays), on constate que le chemin sera encore long avant que les marchés émergents (50 000 dollars) ou même européens (>25 000) 6.

Certains pays ont cependant trouvé le moyen de doper leur croissance. En 1965, le PIB par habitant de la Corée du Sud était presque le double de celui du Nigéria. Aujourd’hui, il est 22 fois plus élevé. Comment la Corée est-elle parvenue à ce résultat ? La clé de la réussite a consisté à mettre l’accent sur l’éducation et sur l’emploi.
Les autorités gouvernementales et le secteur public ont en effet un rôle déterminant à jouer dans le développement d’un pays et, par conséquent, la progression de son PIB par habitant. Pour chaque dollar investi dans l’éducation, on obtient 10 à 15 dollars de croissance économique supplémentaire 7. Rendre ses citoyens autonomes en leur permettant d’acquérir les bonnes compétences, c’est exactement ce qu’est parvenue à faire la Corée du Sud en s’appuyant sur une stratégie résolue de spécialisation de sa main d’œuvre, et sur le développement de services à plus forte valeur-ajoutée. Les pouvoirs publics ont d’abord mis en place des politiques favorables à certains secteurs à forte valeur-ajoutée, comme l’électronique. Ils ont lancé ensuite toute une série de programmes éducatifs destinés à développer les compétences nécessaires, en offrant aux futurs travailleurs la possibilité de choisir un enseignement technique, professionnel ou général. Troisièmement, les politiques liées à l’éducation et à la formation ont été mises en lien avec les politiques économiques. Enfin, les dernières mesures ont consisté à se concentrer sur le « séquençage », l’enseignement et la formation devant être ajustés au stade de croissance économique atteint par le pays 8.

Conscient du lien étroit qui existe entre l’éducation d’une part et le développement économique et social d’autre part, les pays d’Afrique ont progressivement augmenté leurs dépenses publiques dans ce domaine, avec plus de 6% de croissance annuelle. L’investissement dans l’éducation représente actuellement 18,4% en moyenne du budget des États 9.
Mais il reste un long chemin à parcourir. Au Nigéria par exemple, plus de 10,5 millions d’enfants âgés de 6 à 17 ans ne sont pas scolarisés 10. McKinsey & Company estime que les carences des écoles nigérianes entraînent au sein de la population adulte d’importants déficits de compétences, qui pèsent lourdement sur l’activité économique et sur l’efficacité de l’action publique. La formation des actifs en poste est souvent impossible : la plupart des entreprises sont en effet trop petites pour être en mesure de proposer des formations. Quant aux sociétés plus importantes, elles n’investissent en général pas autant qu’elles le devraient dans ce domaine 11. Quelles peuvent être, dans ce cas, les solutions ?

L’innovation en matière d’éducation est l’une des réponses possibles. En s’appuyant sur les évolutions technologiques, il est possible de mettre en œuvre des solutions qui permettent de changer la donne en proposant un enseignement moins coûteux, accessible et de meilleure qualité. On peut citer l’exemple d’Andela 12, une start-up nigériane qui enseigne le code informatique – et a récemment reçu 24 millions de dollars de la Chan Zuckerberg Initiative. Elle permet à de jeunes talents locaux de devenir des développeurs d’envergure internationale. Elle travaille également en partenariat avec les entreprises au calibrage de leurs équipes IT, et pour leur fournir des méthodologies de formation adaptées. L’expérience accumulée par Seedstars nous a amené à la conclusion que seul l’enseignement et la formation sont à même de créer un environnement propice à l’émergence de startups. Ils favorisent l’incubation des futures entreprises de technologie via le mentoring, le développement des compétences techniques et managériales, la mise en relation avec les bons réseaux ou, tout simplement, l’accès à une meilleure connaissance de ce qui se fait ailleurs dans le monde.

Des initiatives du secteur privé, pour faire la différence

Les effets de l’éducation ne se limitent pas à l’amélioration de la qualité de vie ou à la stimulation de la croissance économique. Ils tendent également à dynamiser le marché du travail et à créer des perspectives pour l’emploi. Une population instruite et bien formée est susceptible d’attirer les investisseurs potentiels – et l’investissement est exactement ce dont a besoin aujourd’hui le marché du travail dans les pays africains.
Ce qui caractérise l’emploi en Afrique, ce sont aussi des taux de chômage élevés, générant une activité importante dans l’économie dite « informelle », qui absorbe ceux qui ne sont pas parvenus à trouver un emploi dans l’économie officielle. Beaucoup de jeunes diplômés créent également leur propre entreprise, plutôt que d’opter pour une activité salariée 13. Nous pensons que l’entrepreneuriat peut constituer une partie de la solution.

Au cours de la prochaine décennie, plus d’un milliard de jeunes dans le monde vont entrer sur le marché du travail, et 90% des emplois correspondants relèveront du secteur privé 14. C’est là qu’intervient l’esprit d’entreprise : selon les statistiques américaines, les entreprises de moins de 5 ans (en l’occurrence, des startups et des PME) sont celles qui créent l’essentiel des emplois 15. C’est aussi précisément le type de sociétés sur lesquelles Seedstars concentre son action dans les marchés émergents. Par le micro-financement et des investissements diversifiés dans des entreprises en phase de démarrage, Seedstars parvient à bien maîtriser les risques, notamment en s’associant à des investisseurs locaux autour de modèles d’entreprises solides, afin d’induire des effets positifs au niveau de la création d’emploi mais aussi du retour sur investissement. Toutefois, on a trop souvent tendance à oublier que le chômage n’est pas le seul défi auquel il faut faire face sur le marché du travail. Plus d’un milliard et demi de personnes occupent aujourd’hui un emploi précaire, soit près de la moitié du total des actifs dans le monde. Selon le Bureau international du travail, cette situation est particulièrement préoccupante en Afrique sub-saharienne, où plus de 70% de ceux qui travaillent sont en situation de fragilité au niveau de l’emploi, soit nettement plus que la moyenne mondiale, qui est de 46,3% 16.

Il est donc indispensable d’accroître le nombre des emplois stables. D’après NESTA, une fondation britannique au service de l’innovation, les entreprises à forte croissance sont celles dont l’impact est le plus déterminant : 6% des sociétés génèrent plus de 50% des nouveaux emplois et de la croissance du PIB 17. Mais « croissance élevée » ne veut pas forcément dire « technologies de pointe ». Avec la fondation Kauffman, NESTA a observé que la majeure partie des entreprises à forte croissance se trouvent dans des secteurs autres que les technologies de l’information, et notamment les services financiers, l’immobilier et les services aux entreprises. Elles utilisent la technologie comme un levier qui leur permet d’accéder au rôle de précurseurs dans leurs secteurs respectifs et d’accélérer leur croissance.

Il est essentiel pour chaque pays de parvenir au bon équilibre entre les secteurs fortement consommateurs de main d’œuvre peu qualifiée – qui créent massivement des emplois – et des secteurs à haute intensité de savoirs. C’était la stratégie déployée par le Corée du Sud, l’enjeu étant dans un premier temps d’obtenir un essor rapide et soigneusement planifié des industries à forte intensité de main d’œuvre, qui sont davantage tournées vers l’exportation et stimulent la demande de main d’œuvre peu qualifiée. En parallèle, les pouvoirs publics ont également développé l’enseignement secondaire technique ou professionnalisant, afin de renforcer les compétences dans certains secteurs ciblés. Dans le même temps, ils ont introduit des mesures incitatives destinées aux PME, pour qu’elles élèvent le niveau de leurs compétences à mesure que l’économie accroît son degré de sophistication et s’appuie davantage sur les avancées technologiques 18.

Les secteurs à haute intensité de savoirs ont désormais besoin de salariés bien formés et capables d’acquérir et de mettre en œuvre de nouvelles connaissances. La maîtrise de l’outil informatique et la capacité à filtrer l’information pertinente sont devenues plus importantes que ne l’était l’alphabétisation elle-même, dans la mesure où le traitement de l’information est aujourd’hui capital.

L’Afrique, nouvelle frontière de l’innovation

Les marchés émergents en général – et les pays africains en particulier – se muent déjà en pôles d’innovation, mais il reste encore du chemin à parcourir. Un investissement dans le système éducatif est indispensable si l’on veut rendre les citoyens maîtres de leur destin par l’accès aux compétences adaptées. Comme le montre l’exemple de la Corée du Sud, chaque pays doit concevoir une stratégie d’ensemble intégrée, alignée sur ses propres ambitions de développement et sur les besoins de son marché du travail. Une transformation aussi spectaculaire – et en à peine quarante ans – n’aurait pas été possible sans un plan énergique en matière d’éducation, une bonne coordination globale et une vision à long terme. Les pouvoirs publics peuvent s’appuyer sur le secteur privé pour faciliter l’accès à un enseignement de qualité, qui permet non seulement d’accroître le niveau d’éducation et de richesses de la population, mais aussi de développer un esprit d’entreprise plus affirmé au sein d’une communauté d’entrepreneurs qui sauront innover le moment venu.

Les entrepreneurs du continent africain ont montré qu’ils étaient capables de tirer parti des meilleures avancées technologiques pour résoudre localement des problèmes spécifiques par le recours à des solutions locales. Le succès n’est pas toujours fondé sur la « disruption » technologique, mais souvent sur une manière innovante d’exploiter les nouveaux modes de consommation. Les États doivent poursuivre le dialogue avec le monde de l’entreprise, et d’adopter les plus performantes de ces plateformes dans le cadre des institutions publiques.

Voici un bref aperçu de quelques-unes des pépites réunies par seedstarsworld.com pour le continent africain. Elles allient le recours à la technologie et l’approche créative pour changer la vie de millions d’individus.

  • SimplePay est un service de paiement en ligne sécurisé et bon marché, mis en place au Nigéria. Il permet aux commerçants d’accepter différents moyens de paiement.
  • Giraffe est une application sud-africaine pour mobiles qui facilite une mise en relation rapide – et à moindres frais – entre des entreprises et les travailleurs moyennement qualifiés dont elles ont besoin.
  • Omniup est une société marocaine proposant des solutions publicitaires innovantes via une offre de Wi-Fi gratuit dans les lieux publics.
  • SolarizEgypt est un prestataire égyptien certifié dans le domaine de l’énergie solaire, qui conçoit, installe et opère des unités de production d’énergie photovoltaïque, en permettant au consommateur de combiner une source d’énergie conventionnelle avec l’énergie solaire.

Encadré n°1 : Seedstars, en quelques mots

Seedstars est un groupe international basé en Suisse, qui s’est donné pour mission d’améliorer les conditions de vie des citoyens dans les pays émergents, au travers de l’entrepreneuriat et des nouvelles technologies. Il met en relation l’ensemble des parties prenantes à l’intérieur de ces écosystèmes, fait émerger des sociétés à partir de zéro, en partenariat avec des acteurs publics et privés et en misant sur les meilleurs entrepreneurs. Par la recherche active des startups les plus prometteuses et via ses programmes de création et d’accélération d’entreprises, les équipes de Seedstars peuvent accéder aux entrepreneurs, aux incubateurs, aux grandes entreprises et aux institutions gouvernementales dans plus de 65 pays. Les différentes entités du groupe sont :

  • Seedstars World qui organise sur le terrain, dans plus de 65 pays, le grand concours international des meilleures startups, avec quatre sommets régionaux et un sommet mondial qui se déroule en Suisse. L’objectif est d’identifier les startups le plus remarquables et de leur offrir des services à forte valeur-ajoutée, parmi lesquels le mentoring et l’accès aux réseaux et aux financements.
  • Seedstars Growth, un programme virtuel à distance d’une durée de quatre mois qui intègre plus d’une centaine de startups dans le réseau Seedstars, afin d’accélérer leur croissance sur les trois années qui suivent.
  • Seedspace, un réseau d’espaces de co-working ou de collocations, désormais présent dans 17 pays avec le soutien de partenaires locaux. Ces espaces facilitent l’implication des participants dans les différents programmes, avec notamment l’organisation d’événements pour des communautés « d’acteurs du changement » désireux d’avoir un impact sur la société qui les entoure.
  • Seedstars Academy, un programme de six mois destiné à la formation de futurs entrepreneurs (voir encadré n°2).

 

Encadré n°2 : La Seedstars Academy
La Seedstars Academy est un programme pratique d’une durée de 24 semaines, qui vise à faire émerger une génération de « révolutionnaires du numérique », capables d’accroître l’utilisation d’Internet et des technologies numériques dans les économies émergentes, avec à la clé une hausse du PIB liée à l’innovation et aux gains de productivité. Pour devenir un « techno-entrepreneur », chacun des participants perçoit un salaire, se forme au contact d’investisseurs et de mentors qui ont réussi, tout en travaillant sur des projets stimulants et prometteurs (MVP ou Minimum Viable Products).
En s’attaquant aux déséquilibres qui existent entre le savoir académique et les compétences réellement requises pour combler les besoins d’une économie, le programme entend accompagner chaque pays dans sa lutte contre le chômage et le sous-emploi, endémiques chez les jeunes. Cet accompagnement est actuellement en cours à Lagos, au Nigéria, et devrait démarrer dans 13 autres villes dans les 18 prochains mois (Le Cap, Casablanca, Le Caire, Abidjan, Téhéran, Buenos Aires, Mexico, Bogotá, Lima, Manille, Djakarta, Bangkok et Ho-Chi-Minh-Ville). Parmi les exemples de projets qui ont intégré ce programme, lancé il y a seulement deux mois, on trouve notamment : www.quickcheck.io, www.invoizpaid.com, www.milefriend.com et www.getbashi.com.

 

Notes de bas de page :

Mobile Phone Usage at the Kenyan Base of the Pyramid (« Usage du téléphone portable à la base de la pyramide, au Kenya »), Banque mondiale, 2012
2  State of Connectivity 2015 (« État des lieux de la connectivité en 2015 »), internet.org via Facebook
M-KOPA « houses »: http://solar.m-kopa.com/about/company-overview/ (« Les « Maisons » M-KOPA »)
M-KOPA funding: http://disrupt-africa.com/2016/04/m-kopa-solar-connects-5000-ugandan-homes-to-payg-solar/
5  Pour plus d’information sur M-Pesa, voir aussi l’article d’Amolo Ng’weno, La démocratisation de l’argent mobile au service du développement en Afrique, sur le blog Secteur Privé et Développement (SP&D)
6 Indicateurs du développement dans le monde (WDI), Banque mondiale, 2015
Rapport mondial de suivi sur l’éducation, UNESCO, 2012
Jeunes et compétences : l’éducation au travail, UNESCO, 2012
Situation de l’éducation en Afrique, rapport 2015 de l’Africa-America Institute
10  Jeunes et compétences : l’éducation au travail, UNESCO, 2012
11  Nigeria’s renewal: Delivering inclusive growth in Africa’s largest economy (« Le renouveau au Nigéria : comment assurer la croissance inclusive pour la première économie africaine »), McKinsey, 2014
12  https://andela.com/coverage/andela-raises-24-million-mark-zuckerberg-priscilla-chans-fund-train-african-engineers/
13  Situation de l’éducation en Afrique, rapport 2015 de l’Africa-America Institute
14  IFC Jobs Study: Assessing private sector contributions to job creation and poverty reduction (« Rapport de l’IFC sur l’emploi : Une évaluation de la contribution du secteur privé à la création d’emploi et à la réduction de la pauvreté »), International Finance Corporation, 2013
15  Net Job creation (« Création nette d’emploi »), Business Dynamics Statistics du Census Bureau américain, 2012
16  Perspectives pour l’emploi et le social dans le monde : Tendances 2016, Bureau international du travail
17  The vital 6 per cent – How high-growth innovative businesses generate prosperity and jobs (« Les 6% déterminants : Comment les entreprises innovantes à forte croissance créent la prospérité et l’emploi »), NESTA, 2009
18  Jeunes et compétences : l’éducation au travail, UNESCO, 2012