Fuyant la concurrence sur les axes traditionnels, les grands transporteurs se tournent de plus en plus vers le continent. Mais les volumes traités sont encore insuffisants, et la surcapacité menace.
logo Jeune Afrique

Cet article a été publié par Jeune Afrique dans son n° 2917 du 4 au 10 décembre 2016. Cet article est disponible sur Internet : http://www.jeuneafrique. com/mag/379466/economie/fretpari-africain/

À première vue, le transport maritime semble avoir digéré la crise de 2008. Pour la première fois dans son histoire, les volumes chargés par la flotte mondiale ont dépassé 10 milliards de tonnes, tous modes de conditionnement confondus, soit une hausse de 2,1 % par rapport à 2015. Quatre cinquièmes des marchandises échangées à travers le monde voyagent aujourd’hui par la mer.

Ces chiffres auraient été encore plus impressionnants si le commerce mondial n’avait été complètement atone, avec une croissance qui ne devrait pas dépasser 1,6 % en 2016 – la hausse la plus faible depuis la dernière dépression financière.

UNE CONJONCTURE DÉLICATE

Pourtant, les principaux acteurs de la filière, les compagnies spécialisées dans le transport de conteneurs, souffrent le martyre, hier déjà le long des routes très concurrentielles de l’axe est ouest, entre l’Asie et l’Europe ainsi qu’à travers l’Atlantique, mais également depuis quelques mois sur la desserte de l’Afrique. En cause, la chute des cours des matières premières ces deux dernières années, dont les conséquences se font particulièrement sentir chez les champions du continent que sont l’Angola ou le Nigeria.

Si le trafic avec l’Europe, le long du traditionnel axe nord-sud, reste rentable et conserve ses tonnages, le cabinet londonien Drewry annonce une baisse de 19 % des volumes africains conteneurisés échangés avec l’Asie pour le troisième trimestre et une baisse globale « supérieure à 10 % » pour 2016. Une tendance qui s’inversera avec la remontée des cours, alors que les économies africaines les plus diversifiées, comme celles de la Côte d’Ivoire, de l’Éthiopie ou du Sénégal, devraient continuer d’aligner des taux de croissance supérieurs à 5 % et donc doper dans la foulée leurs échanges commerciaux.

Lire l’article sur Jeune Afrique